Embrouille, trouille, carambouille tambouille bidouille bredouille dépouille…etc. le caractère péjoratif du suffixe vient sans doute de loin.
Alors c’est dit, je ne veux pas rouiller, définitivement figé, immobile; je veux bouger, je veux sauter, franchir les océans.
Mais pourtant…arabesques, pointillismes, moirés, chamarrés, broderies, dessins, ornements, calligraphies…tant de rêves à portée de main, à portée de regard, s’il sait voir.
Il est difficile de faire admettre l’esthétique universelle d’une carcasse de voiture en forêt. Pour autant, le déclencheur photographique est-il le moyen d’une perversion ou même une fleur du mal ? L’oxydation-malédiction frappe inexorablement le végétal, l’animal et le minéral…et les êtres développent des trésors d’imagination pour échapper à cette marque du temps.
Emballages, peintures, bains chimiques, revêtements plastiques, atmosphères contrôlées, tout est bon pour s’approcher du vieux mythe de l’immortalité. Les années d’euphorie économique ventaient le neuf, l’inox… et aussi le jetable.
Pourtant, que serait un camembert qui n’aurait pas vieilli ? Et que dirait-on d’un Château Margaux de l’année ?
La patine du temps n’est pas seulement nécessaire pour faire accepter nos orgueilleuses façades. Elle entrouvre une infinité de champs d’ajustements culturels complexes et nécessaires.
Existe-t-il un seuil entre la patine et l’outrage du temps ? L’esthétique de la mort est-elle l’apanage des groupes aisés ?
Point de lettres d’or, mais donner des lettres de noblesses à la ferraille, considérée comme déchue, passive, informe.
Au fond du jardin, le fauteuil rouillé reste quand même le trône des oiseaux… et du jardinier.
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