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BazileBustamante : Mohamed Abdelwahab, 1986
Qui est ce personnage dont la photographie trône au milieu d'un faisceau de motifs décoratifs concentriques et dont la mise en valeur laisse envisager l'importance ? En l'occurrence, celui qui donne son nom à l'oeuvre est un illustre chanteur de charme égyptien, célèbre dans l'histoire de la musique arabe.
Tel un roi soleil, son image rayonne sur le tableau. Toutefois, l'association hybride et disproportionnée de la photo authentique et du faux cadre grandiloquent traité en aplat de couleur, ainsi que l'impression sur support aluminium, annule la possibilité d'un hommage ou d'un portrait. Le spectateur se trouve d'avantage face à une énigme visuelle, un rébus ironique, un simulacre...Le travail de BazileBustamante - appellation qui regroupe deux artistes ayant collaboré pendant quatre ans - fonctionne sur la réappropriation d'images puisées dans la culture contemporaine : par leur choix et leur traitement, Bazile et Bustamante portent une réflexion sur les signes, leur valeur et leurs effets, entre réel et représentation.
Publié le 17 janvier 2006 à 14:44:44 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Etienne Bossut : Cinq fois un bidon bleu, 1980
L'observation de cette sculpture d'Etienne Bossut surprend la certitude du spectateur : ce que l'on croyait être, de prime abord, le simple alignement de bidons bleus cabossés au même endroit n'est autre que le résultat d'un moulage, répété cinq fois, d'un seul bidon cabossé, ce que confirme le titre de l'oeuvre (Cinq fois un bidon bleu). En effet, si l'artiste s'amuse à tromper notre regard, il donne en même temps des indices visuels et sémantiques qui permettent de résoudre l'énigme et de lever la supercherie ! Toutes les oeuvres de Bossut sont, à partir d'objets quotidiens, des moulages en matière plastique teintée dans la masse. Contemporaine par le recours à la résine industrielle, sa démarche s'inscrit dans la tradition de la sculpture, n'en conservant que la partie moins noble, artisanale et technique, qui se prête parfaitement à la fabrication de répliques à l'identique, jusqu'au moindre petit accident de surface. Vraies images pour de faux objets, ses sculptures manipulent les apparences, ébranlent les limites entre le pareil et le même, entre l'unique et le multiple : de l'imitation du réel ou de la sculpture qui la révèle, laquelle est la plus bidon ?
Publié le 17 janvier 2006 à 14:37:15 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Erik Dietman : Pain, 1967
Parmi les multiples jeux de langage et de matière que l'artiste “hors normes“ Erik Dietman a produit tout au long de sa vie, figure cette oeuvre de 1967 constituée par les lettres PAIN moulées en pain cuit.
Pour un spectateur francophone, l'oeuvre parle d'elle-même (le mot désigne la chose dont il est fait) et traite de l'élément le plus quotidien et le plus nécessaire à ce quotidien. Pour un anglophone, par contre, le mot désigne la douleur et s'interpose aux baguettes croustillantes. Le pain et la douleur, comme le besoin constant de renouveler et de surprendre la langue, composent la personnalité ambivalente de l'artiste, jonglant avec les formes et les matériaux qui touchent à la vie elle-même. Entre des peintures réalisées les yeux bandés (fin 1950) et des sculptures ironiques moulées en bronze (années 1990), Erik Dietman fut ce poète qui entreprit dans les années 60 de « panser » les objets en les recouvrant de sparadrap.
Publié le 17 janvier 2006 à 14:28:57 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Erró (Gudmundur Gudmundson dit) : La renaissance du nazisme, 1979-1991
Le tableau grouille de personnages issus d'un sombre épisode de notre histoire, en marche d'un pas assuré vers une actualité qui lui ressemblerait. Au premier plan, des figures et des symboles font le lien avec le spectateur, son époque et son point de vue.
Traité selon le graphisme, les aplats de couleur et les stéréotypes de la bande dessinée, l'ensemble résulte d'un collage d'éléments puisés dans l'imagerie populaire ou d'archives. Saturant l'espace d'une profusion de signes, Erró témoigne de notre société de surconsommation d'images ; mélangeant les genres et les proportions, ses sérigraphies satiriques restent toutefois équivoques, ouvrant sur de multiples significations.
A Paris au milieu des années 60, l'artiste participa à la Figuration Narative, courant d'expression critique dérivé du Pop Art.Publié le 17 janvier 2006 à 14:16:31 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Jean-François Gavoty : L'escargothique, 1990
L'oeuvre de Jean-François Gavoty - architecte et restaurateur de formation - est faite de glissements et de sauts entre divers niveaux de réalité. Tout ce dont l'artiste se souvient : histoires (petites et grandes), lapsus, connaissances, aléas ou lieux sont mêlés par associations visuelles. Les faits et gestes, les assemblages hypothétiques, les hasards et leurs enchaînements sont pour lui un large terrain d'expériences. Ses oeuvres sont peuplées d'animaux mythologiques, rappelant souvent des fragments d'un passé lointain, abîmés par le temps.
Ici, la sculpture au titre éloquent fige dans le bronze l'image d'une créature fabuleuse qui porte sa maison sur son dos en nous faisant les cornes.Publié le 17 janvier 2006 à 14:12:51 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Didier Gorgone : La Mêlée, 1987
Mon point de vue est au centre du monde : c'est ce que pourrait suggérer avec poésie et humour cette sculpture en plâtre de Didier Gorgone, englobant dans un même volume l'image d'une ville sans dessus dessous concentrée sur son terrain de rugby au moment crucial de la mêlée.
Faux naïf, l'artiste déroule des récits, construit des univers où le quotidien et le fait divers se transforment en évènement. Chaque chose trouve ici sa place sur les parois du parallélépipède rabattues vers le bas, y compris la clameur de la foule qui s'immisce en toutes lettres comme dans une bande dessinée.
Contre la vue générale imposée par les lois de la représentation, Gorgone invente avec ses reliefs peints la perspective singulière, à la fois globale et détaillée, qui se moque des proportions, des endroits et des envers.
Toute histoire racontée devient un monde en soi, un véritable globe terrestre.Publié le 17 janvier 2006 à 14:09:32 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Kacem Noua : Pour aller ensemble, 1991
Mettre la sculpture à plat et faire des peintures qui ressemblent à des volumes, c'est ce que recherche Kacem Noua. Réalisée en grains de marbre collés sur contreplaqué, “Pour aller ensemble“ est constituée de deux parties complémentaires, fixées et positionnées au mur de telle manière à recomposer la figure d'un volume flottant dans l'espace. Empruntés à la technique picturale, les dégradés de gris simulent le jeu de l'ombre et de la lumière qui provoque l'impression de la troisième dimension. Bien plus, tel un ultime trompe-l'oeil, le parcours de la forme entrelacée qui apparaît se révèle impossible...
Sans cadre ni pinceau, l'artiste construit avec ses tableaux de pierre d'apparentes illusions qui installent en nous le doute permanent.Publié le 17 janvier 2006 à 14:05:16 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Paul Roche-Ponthus : Sans titre, sans date
Pour Roche-Ponthus, l'artiste est un producteur. Il refuse le style et utilise des moyens qui mettent en valeur la surface et le format. Pas de traces de pinceaux sur ces deux tableaux à base de laque industrielle sur acier, fruit d'un travail de carrossier plus que de peintre, brouillant la distinction entre le fond et la forme, le motif et le cadre.
Les deux réalisations exposées, réunies par un seul cartel, présentent le même principe de figure colorée (rectangle en diagonal, bande sur le pourtour) et dans les même proportions. Elles découlent en effet d'une même cellule, un rapport parfait conçu en amont, dont elles sont deux concrétisations possibles. La fabrication de chaque nouvel exemplaire de l'oeuvre sans titre et sans date est d'ailleurs laissée au bon vouloir et à la responsabilité du propriétaire, en l'occurrence le musée, seulement tenu de respecter les consignes de production. Le spectateur se trouve ici face à un iceberg dont il ne voit qu'une partie.
Publié le 17 janvier 2006 à 13:59:46 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
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