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Erik Dietman : Pain, 1967
Parmi les multiples jeux de langage et de matière que l'artiste “hors normes“ Erik Dietman a produit tout au long de sa vie, figure cette oeuvre de 1967 constituée par les lettres PAIN moulées en pain cuit.
Pour un spectateur francophone, l'oeuvre parle d'elle-même (le mot désigne la chose dont il est fait) et traite de l'élément le plus quotidien et le plus nécessaire à ce quotidien. Pour un anglophone, par contre, le mot désigne la douleur et s'interpose aux baguettes croustillantes. Le pain et la douleur, comme le besoin constant de renouveler et de surprendre la langue, composent la personnalité ambivalente de l'artiste, jonglant avec les formes et les matériaux qui touchent à la vie elle-même. Entre des peintures réalisées les yeux bandés (fin 1950) et des sculptures ironiques moulées en bronze (années 1990), Erik Dietman fut ce poète qui entreprit dans les années 60 de « panser » les objets en les recouvrant de sparadrap.
Publié le 17 janvier 2006 à 14:28:57 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Erró (Gudmundur Gudmundson dit) : La renaissance du nazisme, 1979-1991
Le tableau grouille de personnages issus d'un sombre épisode de notre histoire, en marche d'un pas assuré vers une actualité qui lui ressemblerait. Au premier plan, des figures et des symboles font le lien avec le spectateur, son époque et son point de vue.
Traité selon le graphisme, les aplats de couleur et les stéréotypes de la bande dessinée, l'ensemble résulte d'un collage d'éléments puisés dans l'imagerie populaire ou d'archives. Saturant l'espace d'une profusion de signes, Erró témoigne de notre société de surconsommation d'images ; mélangeant les genres et les proportions, ses sérigraphies satiriques restent toutefois équivoques, ouvrant sur de multiples significations.
A Paris au milieu des années 60, l'artiste participa à la Figuration Narative, courant d'expression critique dérivé du Pop Art.Publié le 17 janvier 2006 à 14:16:31 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Jean-François Gavoty : L'escargothique, 1990
L'oeuvre de Jean-François Gavoty - architecte et restaurateur de formation - est faite de glissements et de sauts entre divers niveaux de réalité. Tout ce dont l'artiste se souvient : histoires (petites et grandes), lapsus, connaissances, aléas ou lieux sont mêlés par associations visuelles. Les faits et gestes, les assemblages hypothétiques, les hasards et leurs enchaînements sont pour lui un large terrain d'expériences. Ses oeuvres sont peuplées d'animaux mythologiques, rappelant souvent des fragments d'un passé lointain, abîmés par le temps.
Ici, la sculpture au titre éloquent fige dans le bronze l'image d'une créature fabuleuse qui porte sa maison sur son dos en nous faisant les cornes.Publié le 17 janvier 2006 à 14:12:51 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Didier Gorgone : La Mêlée, 1987
Mon point de vue est au centre du monde : c'est ce que pourrait suggérer avec poésie et humour cette sculpture en plâtre de Didier Gorgone, englobant dans un même volume l'image d'une ville sans dessus dessous concentrée sur son terrain de rugby au moment crucial de la mêlée.
Faux naïf, l'artiste déroule des récits, construit des univers où le quotidien et le fait divers se transforment en évènement. Chaque chose trouve ici sa place sur les parois du parallélépipède rabattues vers le bas, y compris la clameur de la foule qui s'immisce en toutes lettres comme dans une bande dessinée.
Contre la vue générale imposée par les lois de la représentation, Gorgone invente avec ses reliefs peints la perspective singulière, à la fois globale et détaillée, qui se moque des proportions, des endroits et des envers.
Toute histoire racontée devient un monde en soi, un véritable globe terrestre.Publié le 17 janvier 2006 à 14:09:32 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
Kacem Noua : Pour aller ensemble, 1991
Mettre la sculpture à plat et faire des peintures qui ressemblent à des volumes, c'est ce que recherche Kacem Noua. Réalisée en grains de marbre collés sur contreplaqué, “Pour aller ensemble“ est constituée de deux parties complémentaires, fixées et positionnées au mur de telle manière à recomposer la figure d'un volume flottant dans l'espace. Empruntés à la technique picturale, les dégradés de gris simulent le jeu de l'ombre et de la lumière qui provoque l'impression de la troisième dimension. Bien plus, tel un ultime trompe-l'oeil, le parcours de la forme entrelacée qui apparaît se révèle impossible...
Sans cadre ni pinceau, l'artiste construit avec ses tableaux de pierre d'apparentes illusions qui installent en nous le doute permanent.Publié le 17 janvier 2006 à 14:05:16 dans 1- Evènements / Festivités | Commentaires (0) | Permaliens
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